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COMMENT FAIRE PREUVE DE LEADERSHIP ?

J’ai trouvé récemment ces principes de leadership dans un bulletin d’église.

La pensée et la conduite de tout vrai leader ont une sous-couche de principes fondamentaux qui sont bien définis pour les leaders dans le Royaume de Dieu. De temps en temps, ont besoin de s’examiner eux-mêmes, dans le miroir de ces maximes qui font réfléchir, ceux que le Seigneur a choisis pour le leadership. Ces proverbes sont destinés à aider les leaders chrétiens à avancer dans l’excellence administrative.

  • Les leaders responsables ne font pas de déclarations irresponsables.
  • Un leader pieux parle de par sa relation personnelle avec Dieu.
  • Un leader humble ne parle jamais à la légère des vérités éternelles ; il les estime avec révérence.
  • Un leader sage résout les conflits d’une manière paisible, pas avec force.
  • Un leader durable résiste aux insultes sans se mettre en colère.
  • Un leader respectable est caractérisé par la tolérance qui lui épargne des décisions hâtives dans une crise et des représailles en face d’un esprit de contrariété.
  • Un leader bon cherche à faire des amis, pas des ennemis.
  • Traiter durement avec les adversaires provoque plus de contrariété et d’hostilité. Un leader poli se sert de la gentillesse et de la douceur.
  • Un leader qui écoute bien ses subalternes les dirige bien.
  • La grandeur d’un leader se manifeste dans son humilité devant Dieu, non pas dans son éloquence devant les hommes.
  • Un leader dévoué se donne totalement à ceux qu’il dirige en les aidant à découvrir et à développer leur potentiel.
  • Un leader patient se rappelle que les réponses des gens varient selon leur nature, tempérament et niveau de développement.
  • Un leader mûr démontre le plus haut respect pour autrui sans distinction de race ou de rang.
  • Un leader sage se tient des écueils du succès, de l’affirmation de soi et de l’assurance excessive.
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2 comments Lundi, 5 novembre 2007

Ressources spirituelles, numéro 14, hiver 2006

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Ressources spirituelles, journal pour pasteurs et leaders chrétiens, vient de rendre disponible le dernier numéro. Vous pouvez trouver le site de Ressources spirituelles en cliquant ici ou vous pouvez télécharger le dernier numéro en cliquant ici. Je recommande vivement cette ressource pour tout pasteur et tout chrétien aussi.

Ce numéro vise surtout “L’Église et les petits groupes” avec les articles suivants :

David Limm Le bien fondé des petits groupes
Dr Henry Well Enseigner “publiquement et dans les maisons
Dale Galloway Comment vivre la transition vers les petits groupes
T. Ray Rachels Clarifier votre message
Isaac J. Canales Étude de mots : KOINONIA
Dr Anthony Palma Remplis de l’Esprit - Deuxième partie
Sobhi Malek Parlons de l’islam
Richard D. Dobbins Gérer les conflits dans l’église avec créativité - Quatrième partie : Prendre des décisions

Bonne lecture ! 

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Add comment Lundi, 30 juillet 2007

La responsabilité du berger d’avertir

Récemment mes messages sur l’épître de Paul aux Éphésiens ont provoqué certaines réactions, surtout concernant le soi-disant “ministère de délivrance” et le “mouvement prophétique” (voir surtout les messages sur Éphésiens 4:11-16, “La croissance du corps vers la maturité” sur 4:14, et sur Éphésiens 4:25-5:2, Enlevez les obstacles à l’unité de l’église ! sur 4:27). Une personne a indiqué que personne n’avait le droit de critiquer d’autres ministères parce que nous sommes tous tachés de la chair. Si l’on suivait cette logique, on ne pourrait jamais analyser ou évaluer un ministère ou ses fruits. On ne pourrait jamais dénoncer ce qui est faux. On ne pourrait jamais avertir les brebis. Une telle conclusion est anti-biblique et irresponsable.

Nous devons reconnaître et nous garder des faux prophètes.
La Parole de Dieu est claire. Jésus nous met sur nos gardes. Il nous dit comment nous pouvons reconnaître les faux prophètes. Ils se présentent comme des brebis, mais au-dedans ils sont des loups ravisseurs qui ont l’intention de tout dévorer. On les reconnaît par leurs mauvais fruits :

wolf“Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous comme des brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs. 16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? 17 Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre produit de mauvais fruits, 18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. 19 Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. 20 C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez” (Matthieu 7:15-20).

Jésus nous dit de prendre garde contre la séduction.

“Jésus leur répondit : Prenez garde que personne ne vous séduise. 5 Car plusieurs viendront sous mon nom, en disant : C’est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens” (Matthieu 24:4-5).

Ce verset est intéressant parce que le terme Christ (christos dans le grec) veut dire tout simplement “oint”. Jésus nous avertit que plusieurs viendront sous son nom en disant qu’ils sont les oints. Quand quelqu’un parle de lui-même en disant qu’il est l’oint de Dieu ou qu’il a une onction particulière, prenez garde ! Jésus nous avertit : “Car plusieurs viendront sous mon nom, en disant : C’est moi qui suis l’oint . Et ils séduiront beaucoup de gens.” Encore il nous avertit que beaucoup de gens seront séduits :

“Plusieurs faux prophètes s’élèveront et séduiront beaucoup de gens” (Matthieu 24:11).

Ces faux prophètes séduiront beaucoup de monde en opérant de grands signes et des prodiges !

“Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes, ils opéreront de grands signes et des prodiges au point de séduire si possible même les élus” (Matthieu 24:24).

Ces faux prophètes invoquent le nom du Seigneur. Ils prophétisent au nom de Christ. Ils chassent des démons en son nom. Et en son nom ils font beaucoup de miracles. À cause de leur ministère “puissant”, ils se croient en sécurité mais ils seront étonnés au jour de jugement parce qu’ils seront exclus du Royaume de Dieu ! Pour quelle raison ? Parce qu’ils n’étaient pas justes ; ils ont fait des compromis avec l’iniquité.

“Quiconque me dit : Seigneur, Seigneur ! n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22 Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur ! N’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons chassé des démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? 23 Alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité” (Matthieu 7:21-23).

Les vrais bergers avertissent les brebis.Danger
Les brebis sont parfois choquées quand le berger donne un avertissement. Les brebis sages apprécient l’avertissement et se mettent sur leurs gardes contre les dangers. Elles s’approchent encore plus du Bon Berger. Les brebis folles sont perturbées par les avertissements. Elles se complaisent à se promener et n’aiment pas les avertissements concernant les dangers qu’ils considèrent être des restrictions, préférant s’aventurer vers des pâturages qui de loin semblent être plus verts.

Jésus a parlé de deux groupes de personnes qui s’occupent des brebis (Jean 10:11-15). Celles du premier groupe ont un attachement spécial avec les brebis. Les brebis leur appartiennent. Ils se mettent en peine pour les brebis. Quand les brebis sont menacées, ils ne font aucun cas de leur vie, comme si elle leur était précieuse ; ils donnent leur vie pour les brebis. Ils sont les vrais bergers.

Dans le deuxième groupe se trouvent les mercenaires. Ils travaillent par intérêt ; ils s’occupent des brebis parce qu’ils sont payés. C’est leur boulot. Ils ne sont que des employés. Les brebis ne leur appartiennent pas. Ils ne se mettent pas en peine pour les brebis. Quand ils voient venir le loup, ils abandonnent les brebis et s’enfuient.

En tant que vrai berger, Paul a averti les pasteurs de l’église d’Éphèse concernant les “loups redoutables” (Actes 20:17-35). Il indique que les “loups” peuvent s’introduire de l’extérieur de l’église ou ils peuvent se lever du milieu des pasteurs ou anciens. C’est-à-dire qu’un pasteur peut se transformer en loup. Dans son avertissement, Paul a donné plusieurs caractéristiques de ces loups :

  • Ils n’épargnent pas le troupeau.
  • Ils prononcent des paroles perverses.
  • Ils entraînent les disciples après eux.

“Je sais que parmi vous, après mon départ, s’introduiront des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, 30 et que du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux. 31 Veillez donc…” (Actes 20:29-31).

La Bible en français courant dit que ces hommes “se mettront à dire des mensonges pour entraîner ainsi les croyants à leur suite”.

Pour ces hommes, ce qui compte, c’est eux. Ces hommes se prêchent eux-mêmes. Ils parlent de leurs expériences, des gens qu’ils ont guéris, des démons qu’ils ont chassés. Ils répètent déjà ce qu’ils diront au Seigneur en ce Jour-là (Matthieu 7:21-23) : “En son nom nous avons prophétisé, en son nom que nous avons chassé des démons, en son nom nous avons fait beaucoup de miracles…”

Quelle différence des vrais bergers : “Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est le Christ-Jésus, le Seigneur, que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus” (2 Corinthiens 4:5). Les vrais bergers ne se prêchent pas eux-mêmes ; ils n’entraînent pas les disciples après eux parce qu’ils veulent les conduire au Seigneur.

De même, les vrais bergers doivent signaler toute anomalie . Ils doivent avertir les brebis…

  • Quand ils voient un faux berger qui cherche la loyauté personnelle qui n’appartient qu’au Seigneur.
  • Quand ils constatent qu’un “ministère” n’est pas biblique.
  • Quand ils découvrent un “ministère” qui prêche un évangile qui est différent que l’évangile que nous avons reçu.
  • Quand ils trouvent des “ministères” qui cherchent à entraîner les disciples après eux.
  • Quand ils remarquent un “ministère” qui prêche…
    • un évangile qui minimise l’œuvre de Christ sur la croix.
    • un évangile qui nous rend dépendants d’un homme.
    • un évangile qui fait de nous des victimes et non des vainqueurs.

Avertir, c’est un des devoirs principaux du berger. Esquiver cette responsabilité, et nous ne sommes que des mercenaires.

Dieu voulant, j’écrirai plus tard concernant le soi-disant “ministère de délivrance”.

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4 comments Lundi, 11 juin 2007

Ressources spirituelles pour pasteurs et leaders chrétiens

Ressources spirituelles Medium Web viewJ’ai la grande joie de vous annoncer que le magazine Ressources spirituelles est désormais disponible sur Internet. Ce magazine, composé d’articles choisis et traduits de Enrichment Journal, une publication des Assemblées de Dieu des États-Unis, est destiné aux pasteurs et aux leaders chrétiens. Il y a quelques années, j’ai abonné tous les pasteurs de la Polynésie française à ce magazine excellent. Aujourd’hui, mon ami et collègue, Gerald Branum, qui est coordinateur de Ressources spirituelles, m’a fait savoir que tous les numéros sont désormais disponibles sur Internet en PDF.

Jusqu’à présent, il y a 13 numéros de 30 à 40 pages avec des articles par des pasteurs comme Rick Warren, Tommy Barnett, Billy Graham, John Maxwell, David Yonggi Cho et encore beaucoup d’autres.

Chaque numéro a un thème particulier :

Pourtant, il y a toujours d’autres articles intéressants sur, par exemple, des prédicateurs dans l’histoire de l’église, des études de mot ou la cure d’âme. Par exemple, dans le dernier numéro sur le thème “Équiper les croyants en vue du service”, on peut trouver les articles suivants :

  • “Transformer l’auditoire en une armée” par Rick Warren
  • “Équiper les croyants : six éléments essentiels” par Don R. Simmons
  • “Pour que grandisse l’Église” par Barry J. Meguiar
  • “Être rempli de l’Esprit — 1ère partie : Herméneutique, promesses de l’Ancien Testament, et terminologie alternative” par Anthony Palma
  • “Les sentiments cachés du coeur” par Richard Dobbins
  • “La prière change tout” par Donald R. Spradling
  • “Parlons de l’islam” par Sobhi Malek
  • “Charles Finney : un évangéliste controversé” par William P. Farley

Vous pouvez trouver le site de Ressources spirituelles en cliquant ici ou en vous pouvez aller directement à un numéro en cliquant un thème ci-dessus. Je recommande vivement cette ressource pour tout pasteur et tout chrétien aussi. Je vous souhaite bonne lecture !

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7 comments Vendredi, 20 avril 2007

Une église en maintenance ou une église en mission ?

Votre église est-elle une église en maintenance ou une église en mission ? J’ai trouvé cette description en anglais sur plusieurs sites comme celui de l’évêque William H. Willimon, mais il semble être retiré du livre Good News People par Harold Percy. J’aime bien le contraste entre “maintenance” et “mission”. L’efficacité ne dépend pas seulement du pasteur, mais de tous les membres du corps de Christ qui ont aussi reçu un ministère qu’ils doivent mettre en pratique par l’onction du Saint-Esprit.

  1. Pour mesurer son efficacité, l’église en maintenance pose la question : “Combien de visites le pasteur fait-il ?” L’église en mission demande : “Combien y a-t-il de disciples qui sont en train d’être formés ?”
  2. En considérant la possibilité d’un changement quelconque, l’église en maintenance dit : “Si ce changement s’avère troublant à des membres, nous ne le ferrons pas.” L’église en mission dit : “Si ce changement peut nous aider à toucher quelqu’un du dehors, nous prendrons le risque et le ferrons.”
  3. En pensant à un changement, la majorité des membres dans l’église en maintenance se demandent : “Comment cela me concernera-t-il ?” La majorité des membres d’une église en mission demandent : “Ce changement augmentera-t-il notre capacité de toucher ceux du dehors ?”
  4. En pensant à sa vision pour le ministère, l’église en maintenance dit : “Nous devons être fidèles au passé.” L’église en mission dit : “Nous devons être fidèles au futur.”
  5. Le pasteur d’une église en maintenance dit au nouveau venu : “J’aimerais vous présenter à quelques-uns de nos membres.” Dans l’église en mission, les membres disent : “Nous aimerions vous présenter à notre pasteur.” [Les membres prennent l'initiative d'accueillir le nouveau venu.]
  6. Confronté par un souci pastoral légitime, le pasteur de l’église en maintenance se pose la question : “Comment puis-je combler ce besoin ?” Le pasteur de l’église en mission demande : “Comment peut-on combler ce besoin ?”L’église en mission comprend qu’elle ne peut pas emmener tout le monde avec elle. [Le pasteur voit l'ensemble des ministères de l'église.]
  7. L’église en maintenance chercher à éviter tout conflit à tout prix (mais ne réussit que rarement). L’église en mission comprend que le conflit fait partie du prix du progrès, et elle est prête à payer le prix. Elle comprend qu’elle ne peut pas emmener tout le monde avec elle. Cela lui cause du chagrin mais ne l’empêche pas de faire ce qu’il faut faire.
  8. Le style de leadership dans l’église en maintenance est surtout managérial, où les leaders cherchent à maintenir l’ordre et font en sorte que tout fonctionne parfaitement. Le style de leadership de l’église en mission est surtout transformationnel, où les leaders lancent une vision de ce qui peut être réalisé et s’écartent de ce qui est habituel et attendu pour transformer la vision en réalité.
  9. L’église en maintenance s’occupe de l’église, ses organisations et structure, ses statuts et ses comités. L’église en mission s’occupe de la culture en cherchant à comprendre la perspective des gens du dehors et ce qui les motive. Elle cherche à déterminer leurs besoins et leurs points d’accès pour l’évangile.
  10. En considérant la croissance, l’église en maintenance pose la question : “Combien de luthériens [ou pentecôtistes, etc.] habitent pas plus de 20 minutes de cette église ?” L’église en mission pose la question : “Combien de gens non pratiquants habitent pas plus de 20 minutes de cette église ?”
  11. L’église en maintenance regarde la communauté et demande : “Comment pouvons-nous persuader ces gens de soutenir notre église ?” L’église en mission demande : “Comment cette église peut-elle soutenir ces gens ?
  12. L’église en maintenance pense aux moyens de sauvegarder ses membres. L’église en mission pense aux moyens de toucher le monde.

 

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1 comment Vendredi, 13 avril 2007

L’Église : pyramide, autobus ou corps ?

Pyramid-Bus Medium Web view

Quel est votre modèle de l’Eglise ? Une pyramide avec le pasteur au sommet ? Un autobus dont le pasteur est chauffeur ? Dans son excellent commentaire La lettre aux Éphésiens : Vers une nouvelle société, le pasteur John Stott fait l’analogie suivante :

À quel modèle l’Église doit-elle se conformer ? Le modèle traditionnel est celui d’une Église en forme de pyramide au sommet de laquelle est perché précairement le pasteur, comme un petit pape dans son Église, trônant au-dessus des laïcs. Cette image n’est absolument pas biblique, car le Nouveau Testament ne conçoit pas un pasteur unique dominant sur un troupeau docile, mais une pluralité de responsables et une participation de tous au ministère. Le modèle de l’autobus, dans lequel le pasteur fait office de chauffeur et dirige tout pendant que les membres somnolent paisiblement à l’arrière, n’est pas davantage biblique. Le modèle biblique du corps est très différent de la pyramide et de l’autobus. L’Église est le corps de Christ dont chaque membre a une fonction propre. La métaphore du corps peut certes s’accommoder du pastorat distinct (en tant que fonction - très importante, d’ailleurs - parmi d’autres), mais elle ne laisse aucune place ni à une hiérarchie, ni à cette espèce de cléricalisme autoritaire qui concentre tous les ministères entre les mains d’un seul homme et interdit au peuple de Dieu l’exercice légitime de son propre ministère.

Il y a quelques années, aux États-Unis, j’ai découvert une belle illustration du ministère exercé par tous les membres d’une Église. C’était une Église presbytérienne qui avait subi l’influence du mouvement charismatique. Sur la page de couverture du bulletin paroissial hebdomadaire figurait le nom du recteur, suivi de ceux de son associé et de son assistant. Sur la ligne suivante je lus, surpris : “Ministres : la congrégation tout entière.” Étonnant, mais indiscutablement biblique !

Que le Seigneur nous aide à nous débarrasser des modèles et des méthodes de ce monde et à embrasser le modèle qu’il nous a donné.

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Add comment Mardi, 10 avril 2007

Livre : Le pouvoir subtil de l’abus spirituel

On trouve beaucoup de sites qui font référence au livre Le pouvoir subtil de l’abus spirituel par David Johnson et Jeff Van Vonderen. Publié en anglais en 1991 et en français en 1998 par Éditions Jaspe (Québec), ce livre est reproduit en partie sur plusieurs sites, par exemple : le chapitre 5, « Identifier un système abusif » et le chapitre 6 « Lorsqu il est impossible de partir ».

Un écrivain, avant de citer le chapitre 5, « Identifier le système abusif », a fait le commentaire suivant :

…Dieu veut libérer son peuple qui doit prendre conscience qu’il aura des comptes à rendre à Dieu s’il accepte de se laisser ôter son autorité et ses dons, se mettre sous le joug des Nicolaïtes : Les Pharisiens nouvelle moûture [sic] s’adaptant à l’Église…

Il ne s’agit en aucun cas d’encourager une rébellion face aux autorités établies par Dieu, ou une errance d’une assemblée à une autre, parce que la sienne n’est pas parfaite. Il s’agit de rappeler au peuple de Dieu que d’accepter des jougs qui ne sont pas de Dieu, et une démission face à sa responsabilité de disciple, ce n’est pas de la soumission, c’est de la démission. Je rappelle ce que disait Néhémie : « … Ils raidirent leur nuque et, dans leur rébellion, ils se donnèrent un chef pour retourner à leur esclavage… » (Né 9:17).
Obéir aveuglément à certains chefs religieux, sans chercher à savoir si telle est vraiment la volonté de Dieu pour nous, peut être considéré par Dieu, non comme de l’obéissance, mais comme de la rébellion contre Lui ! Qu’on y réfléchisse !

Voici quelques extraits importants de ce chapitre, « Identifier le système abusif » :

« Plusieurs trouvent le courage de quitter une église abusive, mais ils auront vite fait de se joindre à une autre église du même genre, ou encore ils s’épuiseront à dénoncer cette même dynamique qui dominait le milieu auquel ils venaient à peine d’échapper. Les relations entre les gens qui font partie d’un environnement religieux abusif sont soumises aux dynamiques suivantes:

1. La revendication du pouvoir

La première caractéristique d’un système religieux abusif, c’est l’accent qui est placé sur le pouvoir. Cela veut simplement dire que les dirigeants sont très centrés sur leur propre autorité et qu’ils passent beaucoup de temps à se rappeler à eux-mêmes et aux autres l’importance de leur position. Il leur est nécessaire d’agir ainsi car leur autorité spirituelle n’est pas authentique, ni fondée sur un vrai caractère chrétien ; ce n’est qu’un titre.

Il est évident qu’il y a plusieurs dirigeants dans le corps de Christ à qui Dieu a donné l’autorité de prendre soin du troupeau, et c’est pour cette raison que les gens vont les suivre. Ils conduisent les gens à la liberté. Malheureusement, certains autres sont élus au poste de dirigeant sans démontrer aucune autorité réelle pour libérer les gens. Ils dépensent beaucoup d’énergie à élever leur position d’autorité et à insister pour que les gens s’y soumettent. Le fait qu’ils attachent une telle importance à la soumission à leurs paroles et à leur « autorité » est un indice qu’ils agissent de leur propre chef.

2. Obsédés par les accomplissements religieux

Dans les milieux spirituels abusifs, le pouvoir est placé sur un piédestal et l’autorité a force de loi. C’est la raison pour laquelle ces systèmes sont tellement axés sur les actes religieux de leurs membres. L’obéissance et la soumission y sont des mots importants que l’on y utilise très souvent.

Pour plusieurs raisons, les gens vont parfois exécuter des ordres dans le seul but d’éviter l’humiliation, de gagner l’approbation de quelqu’un ou de garder intact leur statut personnel ou celui de l’église. Ceci n’est pas la vraie obéissance, ni la vraie soumission. C’est plutôt une recherche de conformité. Lorsqu’une action est imposée de l’extérieur plutôt que de jaillir d’un cœur rempli d’amour pour Dieu, il ne peut être question d’obéissance. Ce n’est que de la faiblesse conformiste qui plie devant une pression extérieure.

3. Les règles sous-entendues

Dans les milieux spirituels abusifs, la vie des gens est contrôlée de l’extérieur par le moyen de règles verbales ou sous-entendues. Les églises ou les familles disfonctionnelles sont gouvernées par ces règles sous-entendues : c’est-à-dire qu’on ne les exprime pas ouvertement. C’est pourquoi on ne peut soupçonner leur existence jusqu’à ce qu’on les enfreigne.

Par exemple, personne, dans une réunion d’église, n’oserait affirmer ouvertement : « Vous savez, vous ne devez jamais être en désaccord avec le pasteur ou avec ses sermons et si cela se produisait, vous ne pourriez être dignes de confiance, ni exercer de ministère dans cette église. »

Dans ce cas, la règle sous-entendue est : ne soyez pas en désaccord avec les autorités de l’église et spécialement avec le pasteur sinon votre loyauté sera remise en question. Ces règles doivent demeurer sous-entendues, car si elles étaient examinées à la lumière d’un dialogue intelligent, leur nature illogique, pernicieuse et contraire au christianisme apparaîtrait vite. Ainsi, le silence devient le mur de protection de cette forteresse, couvrant le pasteur et le pouvoir relié à sa position, tout cela sans risque de contestation.

Si toutefois vous exprimiez votre désaccord ouvertement ou en public, le silence serait rompu et vous seriez probablement punis. Vous découvririez alors accidentellement qu’il y avait bel et bien une règle, même si elle est sous-entendue. Lorsque vous découvrez ainsi, par hasard, une règle sous-entendue, vous devez en subir les conséquences : ou bien vous serez par la suite ignorés (négligés, mis de côté, évités) ou vous vous heurterez au mur du légalisme agressif (vous serez questionnés, censurés publiquement, mis à la porte et dans les cas extrêmes vous serez maudits). Les règles sous-entendues ont une puissance incroyable.

Votre vie est peut-être actuellement sous l’effet de certaines d’entre elles.

La règle du silence

La plus puissante de toutes les règles sous-entendues, c’est celle du silence. Elle contient à la base cette pensée : « On ne peut pas exposer le vrai problème car il faudrait ensuite le régler et pour cela, apporter certains changements ; alors il vaut mieux le protéger dernière le mur du silence (la négligence) ou encore au moyen d’assauts (les attaques légalistes). Si vous décidez de parler ouvertement du problème, c’est vous qui devenez le problème. On devra alors vous garder sous silence ou vous éliminer. Ceux qui osent parler ouvertement seront vite repris : « Nous n’avions pas tous ces problèmes jusqu’à ce que vous ouvriez votre bouche. Tout allait bien jusqu’à ce que vous commenciez à vous agiter la langue. » Ou encore, pour avoir une apparence plus spirituelle : « Vous étiez en colère et vous n’avez pas abordé la situation dans une attitude d’amour. Cela prouve que vous n’avez pu traiter la question d’une façon adulte et chrétienne. » La vérité, c’est que lorsque les gens parlent ouvertement des problèmes, ils ne les causent pas, ils les exposent simplement.

Dans les milieux spirituels abusifs, il existe une « soi-disant paix » que le prophète Jérémie a dénoncé dans ces termes : « Les prophètes disent paix, paix, mais il n’y a pas de paix. » Si notre lien d’unité consiste à prétendre que nous sommes d’accord alors que nous ne le sommes pas, il ne nous reste qu’une fausse paix et une fausse unité jalonnée de tensions et de médisances. Ceci est loin de « préserver l’unité de la paix par le lien du Saint-Esprit », ce qui devrait être la marque des églises chrétiennes en bonne santé.

Tout cela pour dire que tous les sujets devraient être ouverts à la discussion. Que nous soyons en accord ou en désaccord sur certains points, le dialogue doit demeurer ouvert si les deux parties le désirent. Nous pourrons toutefois interrompre le débat pour un certain temps si la tension est trop forte. L’important, c’est que les deux prennent ensemble cette décision. Si le vrai lien de l’unité est le Saint-Esprit et l’amour les uns envers les autres, alors il est possible d’être en désaccord sans que notre unité en soit affectée.

La « loi du silence » cherchera toujours à blâmer la personne qui parle ouvertement et la punition qu’on lui inflige aura pour effet d’inciter les autres à demeurer silencieux.

Trop d’églises propagent cette intimidation : « Le problème n’est pas que vos droits ont été violés, mais que vous avez parlé. Si vous n’aviez pas fait une si grosse histoire de tout cela, tout irait bien. » Toute personne qui accepte ce message gardera le silence. Toutefois, le vrai problème, c’est que si les chrétiens dont les droits ont été violés n’en parlent pas, le propagateur de ces abus ne sera jamais tenu responsable de ses mauvais comportements. Et les victimes seront dans l’obligation de garder secrètes la douleur et la colère causées par ces abus. Même si certains dirigeants préfèrent ne jamais être remis en question, le fait demeure que cet environnement deviendra un piège qui amènera leur chute. Si le fait d’exposer des problèmes constitue un acte déloyal, un manque de soumission, une tentative d’amener la division et un affront à l’autorité, c’est qu’il n’y a qu’une paix apparente et une unité artificielle. Dans ces circonstances, les blessures ne guériront jamais et l’abus va continuer d’augmenter. Si les dirigeants ne sont pas redevables de leurs actes, alors il s’agit d’un système en opposition avec la liberté qui se trouve en Jésus-Christ. Le passage de l’épître de Jacques deviendrait donc invalide : « Qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement » (Jacques 3 : 1). Les dirigeants sont plus redevables à cause de leur position, d’autorité et non pas moins redevables. Pourquoi ? Parce que si vous êtes un dirigeant, les gens vont vous suivre et vont agir de la même manière que vous. C’est comme si vous vous reproduisiez spirituellement. Quelle sorte de rejetons produisez-vous ?

4. Un manque d’équilibre

La quatrième caractéristique d’un milieu spirituel abusif est une approche déséquilibrée de la vie chrétienne quotidienne. Cette tangente se manifeste sous deux aspects:

Une objectivité exagérée

Dans le premier cas, on élève une vérité objective en excluant les expériences subjectives valides. Nous pouvons constater ce phénomène dans les systèmes religieux où l’action du Saint-Esprit est reconnue sur une base théologique, mais ignorée ou rejetée au niveau pratique. Cette approche de la spiritualité crée un cadre dans lequel l’autorité s’acquiert par l’éducation ou par les capacités intellectuelles plutôt que sur l’intimité avec Dieu ou l’obéissance et la sensibilité à son Esprit.…

Une subjectivité exagérée

À l’autre extrême, se trouvent les gens pour qui la vie chrétienne n’est que subjectivité. Ils jugent de ce qui est digne de foi sur la base de leurs sentiments et expériences, leur accordant plus de poids que les déclarations contenues dans la Bible. Dans ce système, personne ne peut connaître et comprendre la vérité (même si en réalité, ils connaissent et comprennent déjà) sans que les dirigeants « aient d’abord reçu des révélations spirituelles venant du Seigneur » et les « aient transférées » ensuite aux individus. Il est aussi énormément important, dans ce système, d’agir selon « la parole inspirée » que le dirigeant a reçue pour vous, que la connaissance de la vérité que vous trouvez dans les Écritures ou que vous avez apprise au cours de votre croissance chrétienne. Personnellement, nous croyons que Dieu peut nous parler encore aujourd’hui au moyen de « paroles de sagesse » et de « paroles de connaissance » données par des hommes et des femmes sensibles à son Saint-Esprit. Mais ces « paroles » n’occupent pas automatiquement le même niveau d’autorité que celles de Paul, Pierre, Jacques ou Jean, contenues dans la Bible qui est la Parole même de Dieu. La seule façon de vous assurer qu’une « parole » est vraiment pour vous, c’est de la puiser dans la Parole du Seigneur, c’est-à-dire : les Écritures. Encore là, il n’est jamais honnête d’utiliser la Bible pour manipuler les gens : « J’étais en train de lire le récit d’Ananias et Saphira et tu es venu dans mes pensées. Es-tu certain que tu donnes assez d’argent à l’église ? »

Le fait qu’une personne utilise la Parole de Dieu ne signifie pas nécessairement qu’elle a une « parole » venant du Seigneur pour vous. Une parole du Seigneur qui contient des directives, des corrections ou des indices pour vous guider, doit vous être confirmée par le Saint-Esprit qui habite en vous. Jusqu’à ce que cette confirmation vous soit donnée, vous ne devriez pas considérer cette parole comme venant du Seigneur, même si elle vous a été communiquée par le pasteur ou par un ancien de l’église. Et il est encore plus dangereux de recevoir et d’agir suite à une directive spirituelle que vous avez reçue, simplement parce que vous « devez être soumis », ou parce que celui qui vous l’a communiquée occupe un poste d’autorité. Dieu seul doit avoir le dernier mot. C’est à lui que nous avons à répondre.

Comme pour l’approche objective extrémiste, les chrétiens qui sont trop subjectifs ont aussi leur propre façon de voir certains aspects de la vie. L’éducation, par exemple est souvent perçue comme mauvaise ou inutile. Certains sont presque fiers de ne pas être éduqués et ils regardent avec dédain tous ceux qui le sont. Tout ce dont nous avons besoin d’apprendre peut nous être enseigné par le Saint-Esprit. « Après tout, Pierre et Timothée n’ont reçu aucune éducation universitaire et ils n’ont étudié à aucun séminaire… »

En vérité, Pierre a justement été dans un séminaire où la vérité objective et les expériences subjectives lui ont été enseignées par Jésus. Le professeur de Timothée était l’apôtre Paul. À leur époque, on communiquait l’enseignement par la méthode rabbinique, c’est-à-dire que l’étudiant vivait avec son enseignant, son mentor spirituel. Le cours de disciple a duré trois ans pour Pierre. Quant à Timothée, il continuait à recevoir de la formation par correspondance, même après qu’il ait été en charge d’une église !

Dans sa deuxième lettre, Paul lui écrit : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense droitement la Parole de vérité. ». Une autre version de la Bible « King James » traduit ce passage en disant : « Étudie afin d’être approuvé… » ( 2 Timothée 2:15). Il est important d’étudier la Parole de Dieu. Cela n’est pas une mauvaise chose, mais une bonne chose d’acquérir des outils efficaces pour pouvoir utiliser correctement la Parole de Dieu. Soyez prudents avec ceux qui insistent sur le fait de ne pas être éduqués ou encore de recevoir de l’éducation seulement dans certaines écoles. Sous la couverture d’une « lumière supérieure » venant du Saint-Esprit, il s’agit peut-être d’un professeur qui ne se laisse enseigner par personne, à cause de sa perception limitée de la réalité.

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Caractéristiques du leader abusif

AbusDans leur livre excellent sur Les abus spirituels, Pascal Zivi et Jacques Poujol définissent le terme :

Le petit Larousse illustré donne les définitions suivantes du mot abus : « Excès préjudiciable à la collectivité, à la société ; une injustice causée par le mauvais usage qui est fait d’un droit, d’un pouvoir. »

L’abus spirituel est une injustice émanant du mauvais usage que certains pasteurs, prêtres ou autres responsables chrétiens, font des droits et des pouvoirs associés à leur fonction. Ces personnes en situation d’autorité causent, dans ce cas-là, un préjudice énorme aux membres de leur communauté.[1]

L’abus spirituel est donc un acte d’un ministère de culte « qui outrepasse le pouvoir qui lui a été confié » (cf. Le Petit Robert : « abus »).  À la page 47, les auteurs donnent neuf « caractéristiques du dirigeant qui pratique l’abus spirituel ». Je vous les donne avec des commentaires et des versets bibliques ajoutés. Leur explication suivra la liste de caractéristiques.

Quelles sont les caractéristiques du responsable d’église qui pratique l’abus spirituel ?

1.    Personnalité charismatique, il possède d’énormes facultés de séduction.

Une assurance ou forte présence n’indique pas que l’on a raison. La Bible nous avertit concernant les beaux parleurs qui savent séduire les gens :

« Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, contrairement à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux. Car de tels hommes ne servent pas Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ; par de bonnes paroles et par des éloges, ils séduisent les coeurs des gens sans malice » (Romains 16:17-18).
« Ainsi nous ne serons plus des enfants, flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hommes avec leur fourberie et leurs manoeuvres séductrices » (Éphésiens 4:14).
« Il y a, en effet, surtout parmi les circoncis, beaucoup d’indisciplinés, de vains discoureurs et de séducteurs, auxquels il faut fermer la bouche » (Tite 1:10).

Malheureusement, ceux qui sont séduits ne s’en rendent pas compte. Ils sont séduits sans le savoir.

2.    Autoritaire, il cherche systématiquement à tout contrôler.

Un ministre de culte a tort d’outrepasser le pouvoir que l’on lui a confié. En manipulant des gens et en imposant son autorité, il démontre qu’il n’a pas d’autorité légitime :

« Jésus les appela et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. Il n’en sera pas de même parmi nous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Matthieu 20:25-28).
« Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, non par contrainte, mais volontairement selon Dieu ; ni pour un gain sordide, mais de bon coeur ; non en tyrannisant ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5:2-3).
« J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas » (3 Jean 1:9).

3.    Il n’admet aucune critique. Il discrédite ceux qui s’opposent à son autorité.

« Ne reçois pas d’accusation contre un ancien, si ce n’est sur la déposition de deux ou trois témoins. Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi en aient de la crainte » (1 Timothée 5:19-20).
« Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. Vous n’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu » (Jean 8:47).
« S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un péager » (Matthieu 18:17).

4.    Il dit avoir reçu directement de Dieu cette autorité lui donnant le pouvoir de connaître la seule juste interprétation de la Bible.

« Avant tout, sachez qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être l’objet d’interprétation particulière » (2 Pierre 1:20).
« Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, (pour savoir) s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde » (1 Jean 4:1).

5.    En général, ce pouvoir se manifeste par de soi-disant dons particuliers : accomplir des miracles, prophétiser, guérir, diri­ger, discerner, être le berger sont souvent les dons les plus cités.

« (13-2) S’il se lève au milieu de toi un prophète ou un visionnaire qui t’annonce un signe ou un prodige, (13-3) et qu’il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t’a parlé en disant : Rallions-nous à d’autres dieux—(des dieux) que vous ne connaissez pas—et rendons-leur un culte ! (13-4) tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire, car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimez l’Éternel, votre Dieu, de tout votre coeur et de toute votre âme » (Deutéronome 13:1-3).
« Quand le prophète parlera au nom de l’Éternel, et que sa parole ne se réalisera pas et n’arrivera pas, ce sera une parole que l’Éternel n’aura pas dite. C’est par audace que le prophète l’aura dite : Tu n’en auras pas peur » (Deutéronome 18:22).
« Les prophètes prophétisent avec fausseté. Les sacrificateurs les tiennent en leur pouvoir, Et mon peuple aime qu’il en soit ainsi ! Mais que ferez-vous pour l’avenir du pays ? » (Jérémie 5:31).
« Car ainsi parle l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : Ne vous laissez pas abuser par vos prophètes qui sont au milieu de vous, ni par vos devins ; ne prêtez pas attention aux rêves que vous faites ! Car c’est faux ce qu’ils vous prophétisent en mon nom. Je ne les ai pas envoyés, —oracle de l’Éternel » (Jérémie 29:8-9).

6.    Il utilise les techniques de manipulation mentale pour contrô­ler les gens.

« Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes, ils opéreront de grands signes et des prodiges au point de séduire si possible même les élus » (Matthieu 24:24).
« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous comme des brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs » (Matthieu 7:15).

7.    Il n’est jamais satisfait.

« J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas. C’est pourquoi, si je viens, je rappellerai les actes qu’il commet, en répandant contre nous des paroles mauvaises ; non content de cela, lui-même ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église » (3 Jean 1:9-10).

8.    Plutôt que de conduire des personnes à Jésus-Christ, il recher­che avant tout à être servi et à assouvir son désir de pouvoir.

« Je sais que parmi vous, après mon départ, s’introduiront des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, et que du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30).

9.    Il est sujet à la paranoïa.

Les auteurs citent Jean-Marie Abgrall : « C’est cette psychose qui donne au gourour le sentiment d’être différent du reste de l’humanité, c’est elle aussi qui va lui donner la conviction qu’il a un rôle de leader et de guide à jouer. Il s’agit là d’une pathologie de la personnalité caractérisée par quatre critères que la psychiatrie connaît depuis longtemps : l’hypertrophie du moi, la fausseté du jugement, la méfiance et la psychorigidité. »[2]

Les auteurs expliquent ces quatre critères :

1. L’hypertrophie du moi
Tout ce que le responsable pense, fait, veut faire, est l’expression de la volonté de Dieu. C’est lui qui détient la vérité absolue. Il est le centre de chaque chose. Le salut ne peut passer que par lui. On lui doit entière obéissance, même si cela conduit jusqu’à la mort.

2. La fausseté du jugement
Les commentaires et les enseignements du responsable sont tou­jours remplis de contradictions et d’absurdités. Ils justifient cependant tous les faux jugements au sein du groupe. Mais pour les adeptes, ils représentent la vérité et remplacent toutes les ma­nières cohérentes de penser de notre société. Contredire la parole du responsable équivaut à remettre en question tout le groupe.

3. La méfiance
Toutes les critiques émises par des gens de l’extérieur à l’égard du responsable sont considérées par celui-ci comme une attaque satanique. Les adeptes, croyant fermement que le responsable est persécuté à cause de son savoir et de son pouvoir, renforcent cet aspect de méfiance. C’est un véritable cercle vicieux où les adep­tes qui sont soumis au leader persuadent celui-ci que ce qu’il dit, fait et pense est vrai. Ce processus permet au leader de maintenir ses adeptes dans l’obsession que toute la société les persécute.

4. La psychorigidité
Le responsable ne reconnaîtra jamais les erreurs de son enseigne­ment, même si des preuves irréfutables sont produites. Pour lui, seul son jugement est valable. Il a raison et c’est le reste de l’huma­nité qui a tort. Rien ne pourra venir ébranler ses convictions. D’après lui, ceux qui le critiquent ne sont que des ignares. Leurs objections l’embarrassent peu, bien au contraire elles lui servent d’arguments pour prouver à ses adeptes que le monde est incapa­ble de le comprendre.


[1] Pascal Zivi et Jacques Poujol, Les abus spirituels, Empreinte temps présent : 2006, p. 19.  [2] Jean-Marie Abgrall, La mécanique des sectes, Document Payot, p. 249, cité par Zivi et Poujol à la page 47.

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6 comments Mardi, 13 mars 2007

Serviteurs ou seigneurs ?

Voici une étude importante sur l’autorité pastorale que j’ai partagée avec des pasteurs il y a quelques semaines. Vous pouvez également la télécharger en fichier PDF en cliquant ici. Elle est aussi disponible sur le site coeurdeberger.org.

« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
(Marc 9:35).

Il y a beaucoup de confusion dans l’église par rapport à la position des pasteurs. Bien des pasteurs ont été gênés par des chrétiens bien intentionnés qui les ont placés sur un piédestal. Il semble que pour bien des chrétiens, la phrase « serviteur de Dieu » soit devenue un titre honorifique dépourvu de tout concept d’un service que le pasteur berger doit rendre aux brebis.

S’il y a de la confusion parmi les saints, il y en a également parmi les « serviteurs ». Parmi nos rangs de pasteurs se trouvent des hommes qui se prennent non pour des serviteurs mais pour des seigneurs. Au lieu de servir les adeptes, ils s’en servent pour assouvir leur convoitise de pouvoir et d’importance.

Nous reconnaissons bien que le ministère est un appel de Dieu et non pas à être pris à la légère, mais surtout à cause de la responsabilité redoutable de servir le Seigneur et son peuple et parce que « nous subirons un jugement plus sévère » (Jacques 3:1). Pourtant, en vue des exemples aberrants et non bibliques qui font étalage dans l’église de Dieu, il est nécessaire de souligner que l’appel de Dieu est un appel à servir. Le « serviteur » est appelé à servir et le Seigneur et les saints.

Dans cette étude, nous voulons considérer d’une perspective biblique la position du pasteur et sa relation avec les membres de son église et d’autres pasteurs. Nous commencerons avec l’enseignement de quelques chapitres dans l’Évangile de Marc concernant l’ambition, suivi par l’enseignement des apôtres, leur exemple dans les Actes et l’exemple de Christ lui-même.

I. LE SERVITEUR ET LE CHEMIN DE LA CROIX DANS L’ÉVANGILE SELON MARC

A. L’ambition nous aveugle au principe fondamental de la croix.

L’Evangile selon Marc (9:32 à 10:45) présente un enseignement important sur le service chrétien. Dans Marc 9:30, Jésus voyage seul avec ses disciples pour pouvoir leur enseigner concernant ses souffrances, sa mort et sa résurrection, « Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de le questionner » (Marc 9:32). La cause de leur incompréhension se trouve dans le verset 34.[1]

« Ils partirent de là et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sache. 31 Car il enseignait ses disciples et leur disait : Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. 32 Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de le questionner. 33 Ils arrivèrent à Capernaüm. Lorsqu’il fut dans la maison, Jésus leur demanda : De quoi discutiez-vous en chemin ? 34 Mais ils gardèrent le silence, car en chemin, ils s’étaient entretenus sur la question de savoir qui était le plus grand. 35 Alors il s’assit, appela les douze et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9:30-35).

Le verset 32 nous dit que les disciples n’ont pas compris ce que disait Jésus concernant ses souffrances et sa crucifixion. Arrivés à la maison, Jésus leur demanda de quoi ils avait discuté en chemin, mais ils avaient honte d’en parler « car en chemin, ils s’étaient entretenus sur la question de savoir qui était le plus grand » (9:34). Ils ne discutaient pas la théologie ou les meilleures méthodes pour guérir les gens, mais qui serait numéro un ! Les disciples n’ont pas compris le message de la croix parce que leur désir d’avoir la première place empêchait leur compréhension spirituelle. L’ambition nous aveugle au principe fondamental de la croix. L’ambition et la croix sont incompatibles.

« Alors il s’assit, appela les douze et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9:35). Jésus renverse les valeurs. Si nous voulons avoir la première place, nous devons prendre la dernière place. Si nous voulons être le premier, nous devons être le serviteur de tous. Si nous voulons être grands, nous devons être petits.

B. La grandeur d’un serviteur se mesure par la petitesse des gens qu’il sert.

« Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et après l’avoir embrassé, il leur dit : 37 Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants, me reçoit moi-même, et quiconque me reçoit, ne me reçoit pas moi-même, mais celui qui m’a envoyé » (Marc 9:36-37).

Jésus a prit un enfant (9:36-37). Normalement, nous mesurons notre grandeur par le nombre de gens qui nous soutiennent et nous aident. Un enfant ne peut rien faire pour nous. Un enfant n’a pas d’influence, pas de pouvoir pour faire quoi que ce soit pour nous. C’est tout à fait le contraire : nous servons les enfants. Jésus dit : « Si vous recevez en mon nom ceux qui n’ont pas d’influence, vous me recevez et vous recevez celui qui m’a envoyé. » Notre grandeur n’est pas mesurée par le nombre de gens puissants qui nous entourent, mais par le nombre de gens impuissants et sans influence que nous servons.

C. La grandeur d’un serviteur se mesure par son pouvoir d’inclure.

En voyant comment Jésus a accueilli l’enfant, Jean reconnaît qu’il a mal agi : « Jean lui dit : Maître, nous avons vu un homme qui chasse les démons en ton nom et qui ne nous suit pas, et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas » (Marc 9:38).

Nous mesurons aussi la grandeur par la capacité d’inclure et d’exclure. Le secrétaire qui décide qui peut voir le Président et qui ne peut le voir a beaucoup de pouvoir. L’homme qui peut dire : « Toi, tu restes dans le pays, mais toi, tu sors » a beaucoup de pouvoir. Jésus dit que nous ne devons pas nous servir de notre position pour empêcher des gens d’exercer le ministère qu’ils font au nom de Jésus.

« Jésus dit : Ne l’en empêchez pas, car il n’est personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse aussitôt après parler mal de moi. 40 En effet, celui qui n’est pas contre nous est pour nous. 41 Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous êtes au Christ, en vérité, je vous le dis, il ne perdra point sa récompense » (Marc 9:39-41).

On ne peut pas faire un miracle au nom de Jésus ou donner un verre d’eau en son nom et aussitôt après parler mal de Jésus. Notez l’étendue entre le miracle et le simple service de donne un verre d’eau en son nom ; Jésus n’en fait pas grande distinction. Par contre, tous ceux qui nous donnent un verre d’eau au nom de Christ, ne perdront pas leur récompense.

Il est important de remarquer que c’est Jésus qui est le point d’intérêt, pas nous : « … qui fasse un miracle en mon nom … parler mal de moi… donnera à boire un verre d’eau en mon nom… » Nous n’exerçons pas un ministère pour que les gens parlent bien de nous. Si les gens s’attachent à nous, l’accent de « notre » ministère a été mal placé. Paul a averti les Éphésiens, « Je sais que… du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30).

Dans les versets 42 et suivants, Jésus continue son enseignement sur la grandeur. Nous devons nous discipliner pour ne pas faire chuter des autres. Les mains, les yeux, les pieds doivent être employés pour servir Christ et les autres. Notre attitude envers les gens qui ne sont pas importants, les personnes de l’extérieur, les enfants et d’autres disciples, révèle si nous avons compris la mission et la croix de Christ.

Qui est le plus grand ? Celui qui se comporte comme Jésus.

  • Il accueillit l’enfant et celui qui n’est pas « utile ». Nous pouvons discerner la grandeur d’un homme par son attitude envers les petits enfants. Prenons-nous du temps pour aimer les petits, pour jouer avec eux ? Faisons-nous l’effort pour aider les plus faibles : ceux qui ont le cœur brisé, les pauvres, les captifs, les aveugles, les opprimés ? Jésus est venu pour eux (Luc 4:18).
  • Le plus grand recommande celui qui ne fait pas partie de notre groupe mais qui sert le Seigneur. Il n’est pas intolérant ; il n’a pas besoin de contrôler. Il est content des autres ministères que le Seigneur suscite autour de lui ; il les reconnaît, les bénit et prie pour eux.
  • Il exerce une discipline impitoyable dans sa propre vie, mais il protège les plus petits. Il ôte de sa vie tout ce qui peut être pour les autres une occasion de chute.

Qu’est-ce que Jésus veut ? Il veut des disciples qui

  • accueillent l’enfant ou l’indigent comme s’il était un roi.
  • récompensent tous ceux qui agissent en son nom.
  • se sacrifient eux-mêmes pour les « petits ».
  • sont en paix les uns avec les autres.

La grandeur se mesure par

  • la dernière place
  • un engagement total d’accueillir les plus petits,
  • une sympathie et une ouverture envers ceux qui invoquent et agissent en son nom (mais cf. Matthieu 7:21-23),
  • une passion pour la pureté personnelle,
  • une sévérité avec nous-mêmes et une douceur avec les autres.

Voici quelques questions pour mesurer notre grandeur :

Pas : Combien de gens m’aident ou me suivent ?

Mais : Quelle est la profondeur de mon engagement envers les autres ?

Pas : Qui est-ce que je permets d’entre dans mon cercle d’influence ?

Mais : Quelle est la largeur de mon cercle de communion ? Qui puis-je inclure tout en restant loyal à Jésus ?

Pas : Comment puis-me me développer ?

Mais : Qui puis-je développer et quelle est l’intensité de ma passion pour être pur et utile ?

D. Encore, l’ambition nous rend lents à comprendre les principes du Royaume de Dieu.

« Des gens lui amenèrent des petits enfants pour qu’il les touche. Mais les disciples leur firent des reproches. 14 Jésus, en le voyant, fut indigné et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour leurs pareils. 15 En vérité, je vous le dis, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point. 16 Puis il les embrassa et les bénit, en leur imposant les mains » (Marc 10:13-16).

Comme nous avons constaté, l’ambition nous aveugle. Les disciples ne comprennent toujours pas qu’il faut accueillir les plus petits et les faibles. Jésus nous avertit que si nous ne recevons pas le Royaume de Dieu avec le cœur d’un enfant, il nous sera impossible d’y entrer.

Dans 10:24, les disciples sont stupéfaits que l’homme riche qui avait obéi les commandements n’entre dans le Royaume de Dieu. Jésus souligne encore que plusieurs des premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers (10:31 ; cf. 9:35).

Encore, Jésus revient sur la nécessité des souffrances et de la croix. Jésus et ses disciples sont encore en voyage – en direction de Jérusalem. Les disciples sont angoissés et craintifs et Jésus leur parle encore de sa mort. C’est la quatrième fois que Jésus parle de sa mort (8:31 ; 9:9-10 ; 9:31 ; 10:32-34) :

« Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient angoissés et ceux qui suivaient étaient dans la crainte. Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et se mit à leur dire ce qui devait lui arriver : 33 Voici : nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, le livreront aux païens, 34 se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le feront mourir ; et trois jours après, il ressuscitera » (Marc 10:32-34).

C’est à ce point que Jacques et Jean font leur requête. Ils sont un peu hésitants comme des gens ou des enfants qui nous posent une question en nous posant la question : « Est-ce que je peux te poser une question ? » Ou peut-être qu’ils sont un peu plus insistants : « Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons » (Marc 10:35).

« Les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus et lui dirent : Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons. 36 Il leur dit : Que désirez-vous que je fasse pour vous ? 37 Donne-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ta gloire » (Marc 10:35-37).

Jésus leur demande : « Que désirez-vous que je fasse pour vous ? » (Marc 10:36). Ils ne demandent pas comment ils peuvent servir, s’ils peuvent laver des vêtements pour les autres, préparer un logement ou chercher quelque chose à manger pour le groupe. Ils ont une ambition : ils cherchent une place d’honneur à la droite et à la gauche de Jésus. Ils cherchent une position. Peut-être croyaient-ils qu’ils l’avaient méritée. Avaient-ils pensé à Pierre qui faisait partie des trois ? Cherchaient-ils à le devancer ?

E. Trois vérités concernant le leadership dans le Royaume de Dieu

La réponse de Jésus révèle des choses très importantes concernant le leadership et le Royaume de Dieu.

1. Le leadership implique la souffrance.

« Jésus leur dit : Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? Ils lui dirent : Nous le pouvons. » (Marc 10:38).

Dans la mentalité juive, la coupe signifiait la souffrance, même la colère de Dieu. Une intimité avec Christ implique un partage de sa croix.

« Mon but est de le connaître, lui, ainsi que la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, 11 si possible, à la résurrection d’entre les morts » (Philippiens 3:10-11).

Jacques et Jean répondent avec désinvolture : « Nous le pouvons. » Ils ne savent pas que Jacques deviendra martyr et que Jean sera exilé.

2. Le leadership implique une affectation souveraine.

« Et Jésus leur répondit : Il est vrai que vous boirez la coupe que je vais boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je vais être baptisé ; 40 mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de le donner, sinon à ceux pour qui cela est préparé » (Marc 10:39-40).

Le leadership est un appel de Dieu, pas une position que nous choisissons pour nous-mêmes.

Les dix s’indignaient contre Jacques et Jean (10:41) tout simplement parce qu’ils voulaient la même chose pour eux-mêmes. C’est facile de s’indigner quand nous voyons l’arrivisme chez les autres, mais notre indignation est trop souvent indication que nous souffrons de la même maladie.

3. Le leadership implique le service.

« Jésus les appela et leur dit : Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. 43 Il n’en est pas de même parmi vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur ; 44 et quiconque veut être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous » (Marc 10:42-44).

Jésus dit que son Royaume ne sera pas mené comme les nations de ce monde. Il n’y aura pas d’abus de pouvoir parmi ses serviteurs. Notez la relation entre les « veut être » et les « sera » : Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous. »

Puis Jésus nous donne ce que J. Oswald Sanders a appelé le « principe maître du Maître » : « Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » (Marc 10:45). Le service de Jésus est la base de la nôtre. Il n’est pas venu pour se servir des gens mais pour les servir.

II. LE SERVITEUR ET LE CHEMIN DE LA CROIX SELON LES APÔTRES

A. Le serviteur de Dieu doit adopter la mentalité d’un esclave.

Le serviteur de Dieu doit adopter la mentalité d’un esclave : il n’a pas de droit et il ne cherche pas sa propre volonté. Paul dit que nous devons avoir l’attitude de Christ qui a cédé toutes ses divines prérogatives pour devenir un esclave. C’est la voie de l’humilité et le chemin de la croix :

« Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus, 6 lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, 7 mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, 8 il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix » (Philippiens 2:5-8).

Le pasteur ne revendique pas ses droits ; il les renonce pour Christ et pour son église. Paul dit encore : « Pour moi, je n’ai usé d’aucun de ces droits… » (1 Corinthiens 9:15). Le bâton d’autorité du pasteur est l’exemple de sa propre croix, instrument de sa mort à lui-même. Il ne dirige pas par le pouvoir de sa position ; il conduit par la puissance de son exemple. “Sois un modèle pour les fidèles, dit Paul à Timothée, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Timothée 4:12).

B. L’autorité apostolique et l’abus de pouvoir

Paul était un des apôtres les plus grands. Dieu s’est servi de lui pour opérer des miracles extraordinaires (Actes 19:11). Il a été enlevé dans le paradis (2 Corinthiens 12:1-10) et a eu des révélations que nul autre homme n’a jamais eues (2 Corinthiens 12:7 ; Éphésiens 3:3-5). Il a écrit une grande partie du Nouveau Testament. Il aurait pu être gonflé de sa suffisance. Il aurait pu se servir de ce qu’il avait reçu pour dominer sur les chrétiens comme le font quelques pasteurs de nos jours. Malgré tout, il savait qu’il était serviteur, non un dictateur. Les chrétiens de Corinthe était divisés concernant les leaders. Il y avait des groupes différents qui soutenaient Pierre (voir 1 Corinthiens 1:12), Apollos ou Paul. La réponse de Paul était nette :

« En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et de la discorde, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas d’une manière tout humaine? 4 Quand l’un dit: Moi, je suis de Paul! et un autre: Moi, d’Apollos! 5 n’êtes-vous pas des hommes? Qu’est-ce donc qu’Apollos, et qu’est-ce que Paul? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun. 6 J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. 7 Ainsi, ce n’est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître » (1 Corinthiens 3:3-7).

Ils n’étaient pas des seigneurs mais « des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun » (v. 5). Il conclut cette section en disant : « Que personne donc ne mette sa gloire dans les hommes… (1 Corinthiens 3:21).

Dans 2 Corinthiens 1:24, il a écrit :

« non que nous dominions sur votre foi, mais nous voulons collaborer à votre joie, puisque vous êtes fermes dans la foi »

En encore :

« … et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus » (2 Corinthiens 4:5).

Quant aux autres serviteurs, Paul était capable de les encourager, mais il ne leur a pas imposé sa volonté :

« Quant au frère Apollos, je l’ai beaucoup exhorté à se rendre chez vous avec les frères, mais ce n’était décidément pas sa volonté de le faire maintenant ; il partira, quand il en aura l’occasion » (1 Corinthiens 16:12).

Il ne faut pas oublier que Paul est l’apôtre et qu’Apollos est le « frère ». Pourtant, Apollos se sent tout à fait libre de ne acquiescer aux désirs de Paul, ce qui ne gêne pas la relation. Dans le corps de Christ, comme Jésus nous a enseigné, nous sommes tous « frères » :

« Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. 9 Et n’appelez personne sur le terre père, car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. 10 Ne vous faites pas appeler directeurs, car un seul est votre Directeur, le Christ. 11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. 12 Qui s’élèvera sera abaissé, et qui s’abaissera sera élevé » (Matthieu 23:8-12).

Si l’apôtre Paul ne dominait pas sur les églises qu’il avait fondées, par quel droit un pasteur aujourd’hui domine-t-il sur l’église ?

C. Il n’est pas nécessaire de se faire abuser.

Dans cette même épître, Paul reprend les Corinthiens parce qu’ils ont accepté d’être dominés par certaines personnes qui se prenaient pour des apôtres, « de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ » (2 Corinthiens 11:13) :

« Vous supportez si volontiers les insensés, vous qui êtes sensés ! 20 Vous supportez en effet qu’on vous asservisse, qu’on vous dévore, qu’on vous dépouille, qu’on vous traite avec arrogance, qu’on vous frappe au visage ! » (2 Corinthiens 11:19-20).

Ces faux apôtres asservissaient les Corinthiens par leur soi-disant autorité et les Corinthiens les ont imprudemment tolérés. Paul leur a reproché cet asservissement.

D. Le pasteur berger ne doit pas dominer le troupeau.

L’apôtre Pierre a bien compris ce que Dieu attendait des meneurs :

« Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux… 2 Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, … 3 non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5:1-3 LSG).

Il ne peut être plus clair. Pierre dit que les pasteurs doivent conduire par exemple ; ils doivent être des modèles, non pas des maîtres. Ils ne doivent pas « dominer » (bfc, lsg ; ser : « tyranniser ») les brebis ; ils doivent leur montrer le modèle à imiter.

L’apôtre Pierre se présente dans ce passage comme « moi ancien comme eux ». Il aurait pu souligner son appel personnel par Christ et ses expériences extraordinaires pour revendiquer une supériorité. Au contraire, il se met sur le même pied d’égalité avec les anciens. Il ne cherchait pas à dominer les autres anciens ni le troupeau de Dieu.

L’apôtre Jean a aussi parlé des dictateurs dans l’église. Il avertit l’église concernant Diotrèphe qui voulait être le premier et qui voulait contrôler les autres membres de l’église :

« J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas. 10 C’est pourquoi, si je viens, je rappellerai les actes qu’il commet, en répandant contre nous des paroles mauvaises ; non content de cela, lui-même ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église » (3 Jean 1:9-10).

Diotrèphe voulait être le premier. Il cherchait à protéger sa position en ne pas recevant l’apôtre Jean ni les missionnaires qu’il avait envoyés. Dans les versets 3 à 8, il est clair qu’il s’agit de missionnaires.

  1. Diotrèphe aimait être le premier.
  2. Il ne recevait pas l’apôtre Jean ni les missionnaires qu’il avait envoyés.
  3. Il calomniait l’apôtre et les missionnaires.
  4. Il empêchait ceux qui voulaient recevoir les missionnaires.
  5. Il chassait de l’église ceux qui voulaient les recevoir.

Donc, Diotrèphe dominait l’église. Il calomniant les missionnaires et l’apôtre Jean, et il cherchait à éliminer toute concurrence possible. Quelle est la raison pour ce comportement ? Il voulait être le point de référence pour l’église ; il aimait être le premier. Jean a dit qu’il corrigerait Diotrèphe en rappelant ses actes et ses paroles. Un tel comportement est insupportable dans l’église de Jésus-Christ et doit être redressé.

E. Tentatives de justifier ce que Christ a condamné

Parfois on se sert de Hébreux 13:17 pour justifier le contrôle abusif et l’attitude autoritaire de certains dirigeants :

« Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage » (Hébreux 13:17 LSG).

Le terme pour obéir dans ce verset veut dire dans son sens littéral « soyez persuadés par ». Ce texte ne donne pas aux conducteurs le contrôle absolu sur la vie des autres. Au contraire, il encourage les disciples à être persuadés par le bon comportement de ceux qui veillent sur leurs âmes. L’obéissance en question n’est pas celle qui se produit de la domination mais celle qui est produite par la persuasion d’un bon exemple. Ce passage nous enseigne que nous devrions considérer l’exemple des conducteurs qui dans la crainte du Seigneur nous conduisent à Christ.[2] Interpréter ce passage de façon qui donne une autorité absolue aux conducteurs fait violence à tous les passages que nous avons déjà considérés ci-dessus. Dieu ne se contredit pas.

F. Résumé de la position apostolique

Christ, Paul, Pierre et Jean ont condamné l’erreur de ceux qui cherchent à dominer et à imposer leur volonté sur les autres. Le message est clair, mais il n’est pas admis par tout le monde. Il est ironique que ceux qui revendiquent une « autorité spirituelle » pour eux-mêmes rejettent l’autorité authentique, celle des Écritures et du Seigneur Jésus-Christ, en refusant de suivre ces principes de la Parole de Dieu.

Cela ne veut pas dire que nous ne gouvernons pas, mais que nous gouvernons avec un esprit d’un serviteur : « Il n’en est pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert » (Luc 22:26).

III. LA DIRECTION COLLEGIALE

À ce point il convient de dire que les apôtres ont travaillé en solidarité ou collégialité les uns avec les autres et avec l’église. Par exemple, dans les Actes 6, l’église faisait face à une grande crise qui risquait de diviser l’église en deux groupes : les Hellénistes et les Hébreux. Les douze ont convoqué la multitude des chrétiens et leur a demandé de choisir des hommes capables de se charger de la distribution de la nourriture auprès des veuves. Les douze apôtres ont fait une suggestion qui a plu à toute la multitude, la crise a été bien gérée, et l’église a été bénie (Actes 6:1-7). Il est à noter que tout le monde a participé pour résoudre le problème, tous les apôtres et l’église entière. Il n’y avait pas un seul homme qui dominait.

Dans les Actes 10 et 11, Pierre est allé chez le païen Corneille annoncer l’évangile. Les apôtres ont mis leur collègue sur la sellette : « Tu es entré chez des incirconcis, et tu as mangé avec eux ! » (Actes 11:3). Pierre n’a pas revendiqué une autorité pour lui-même. Il n’a pas dit : « Je prends cela sous ma responsabilité. » Il n’a pas dit que Christ lui avait donné les clefs du royaume et qu’il n’avait pas à rendre des comptes. Non, il s’est soumis à ses collègues.

Des années plus tard, à la Conférence de Jérusalem dans les Actes 15, l’église faisait face encore à une grande crise concernant l’admission des païens dans l’église. Il y avait « une vive discussion » (Actes 15:7) et tout le monde pouvait s’exprimer. Ensuite Pierre a raconté ce que le Seigneur lui avait appris. Puis Paul et Barnabas ont raconté tout ce que le Seigneur avait fait à travers leur ministère au milieu des païens. Il n’y avait pas une seule personne qui dominait. Jacques, le leader du groupe, a résumé la discussion et a souligné la base biblique qui soutenait la direction du débat.

Il est important de noter que le conflit fait partie de temps à autre de la vie et de la vie de l’église. La question essentielle est comment nous le résolvons. Pour simplifier, il existe deux manières de résoudre le conflit : une personne peut imposer sa volonté sur tout le groupe ou tout le groupe peut s’exprimer à cœur ouvert et disposé jusqu’à ce que le groupe entier discerne la volonté de Dieu soit à l’unanimité, soit par vote. La suite du passage dans les Actes 15 est instructive :

« 22 Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, ainsi qu’à l’Église entière, de choisir parmi eux et d’envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabas, Jude appelé Barsabbas et Silas, hommes estimés parmi les frères. 23 Ils les chargèrent d’une lettre ainsi conçue : … 25 Il nous a paru bon, après nous être mis d’accord, de… 27 Nous avons donc… 28 Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de… » (Actes 15:22-28).

Ayant tout discuté d’une manière franche et ouverte, tous les apôtres et les anciens et l’Église entière se sont « mis d’accord » et ils ont pu dire : « Il nous a paru bon… » Voilà une vérité étonnante : tout ce conflit et le franc-parler était la méthode employée par le Saint-Esprit pour unir l’église et révéler la volonté de Dieu : « Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous » (Actes 15:28). Un leader qui ne supporte pas la discussion mais qui impose sa volonté sur le groupe ne pourra jamais le conduire selon la volonté de Dieu parce que Dieu se sert de tous les membres du corps pour faire connaître sa volonté. Un conducteur ne peut pas dire : « Je n’ai pas besoin de votre avis, je connais la volonté de Dieu pour l’église. »

« L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous » (1 Corinthiens 12:21).

Le serviteur de tous ne doit pas avoir peur de la discussion. Il ne doit pas la supprimer. Il ne doit pas penser qu’il connaît tout ou que lui seul a la pensée du Seigneur.

L’église est conduite par un collège des anciens, c’est-à-dire des pasteurs reconnus. L’église a besoin de la pastorale pour être protégée des loups redoutables qui n’épargnent pas le troupeau et des hommes qui entraînent les disciples après eux :

« Je sais que parmi vous, après mon départ, s’introduiront des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, 30 et que du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux » (Actes 20:29-30).

Les pasteurs eux-mêmes ont besoin de cette correction qui leur est donnée par la pastorale. L’ensemble de pasteurs reconnus fonctionne (1) à protéger les pasteurs dans leurs tendances à dévier de la doctrine et de la pratique bibliques, et (2) à protéger l’église de toute aberration pastorale.

IV. CHRIST ET LE POUVOIR

Personne n’a jamais eu à sa disposition un pouvoir plus grand que celui de Jésus. Dans son livre excellent Transforming Leadership, Leighton Ford dit que Jésus avait la capacité de déterminer les multitudes avec son Sermon sur la montagne, de calmer la tempête avec une parole, de chasser les démons, d’ouvrir les yeux des aveugles ou même de maudire le figuier et le faire sécher. Nous lisons deux déclarations étonnantes

« Jésus… savait que le Père avait tout remis entre ses mains, qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait à Dieu » (Jean 13:3).

« lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, 7 mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, 8 il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix » (Philippiens 2:6-8).

Dans la première déclaration, nous lisons que Dieu avait tout remis entre ses mains (Jean 13:3). Jean nous a déjà fait référence à cette autorité de Jésus dans 3:35, « Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main. » Encore dans le chapitre 5 nous lisons que « tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait également » (5:19) ; « comme le Père ressuscite les morts et les fait vivre, de même aussi le Fils fait vivre qui il veut » (5:21) ; que « le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père » (5:22-23), que « comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même, et il lui a donné le pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est Fils de l’homme » (5:26-27).

Malgré sa condition exaltée, c’est-à-dire « celle de Dieu », Jésus a pris la condition d’un esclave. Nous voyons Jésus dans cette condition d’un esclave dans Jean 13. Ce passage nous est tellement familier que l’impact nous échappe. Pour nous mettre dans le contexte, vous vous souvenez que Jean-Baptiste a dit qu’il n’était pas digne de délier les la courroie des sandales de Jésus. Les sources rabbiniques nous indiquent que les rabbins pouvaient faire toute sorte de demandes sur leurs disciples, mais ils ne pouvaient pas leur demander d’ôter les sandales du rabbin ; c’était une tâche trop avilissante. Par contre, Jean-Baptiste dit, en effet, que son Maître est tellement supérieur aux rabbins qu’il lui serait un honneur de délier les sandales de Jésus, un honneur dont il n’était pas digne.

Jésus démontre le renversement les valeurs : Le dernier sera le premier. Les péagers et les prostituées devanceront les pharisiens dans le Royaume de Dieu. Et celui qui est le plus grand sera le serviteur de tous. Jésus ôte ses vêtements, s’entoure d’un linge, et fait le travail d’un esclave. Ses disciples ne sont pas obligés de lui laver les pieds ; mais il leur lave les pieds. C’est la seule fois que Jésus leur dit : « Je vous ai donné un exemple, afin que, vous aussi, vous fassiez comme moi je vous ai fait » (Jean 13:15). Il continue :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. 17 Si vous savez cela, vous êtes heureux, pourvu que vous le mettiez en pratique » (Jean 13:16-17).

Nous ne sommes pas supérieurs à Jésus. S’il s’est humilié et a pris la condition d’un esclave, nous devons aussi le faire les uns pour les autres.

CONCLUSION

Quelle est la position des pasteurs ? Certains se prennent pour des seigneurs. Ils dominent le troupeau de Dieu. Ils ne rendent pas compte à qui que ce soit. Ils aiment être le premier. Cette manière de se comporter n’est pas le chemin de la croix. Les apôtres ont donné un autre exemple et ils ont dénoncé toute approche autoritaire parmi les pasteurs. Ils ont même dit que l’église n’avait pas à se soumettre à des abus spirituels. Que le Seigneur nous aide à nous charger de notre croix. Nous concluons avec cette exhortation de l’apôtre Paul, basée sur l’exemple de Christ :

« ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire, mais dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. 4 Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. 5 Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus… » (Philippiens 2:3-5).



[1] L’étude sur l’Évangile selon Marc est basée sur Leighton Ford, Transforming Leadership, Downers Grove : IVP, 1991.

[2] Jason Young, “Abuse of Authority in the Church, A Biblical Perspective of Leadership” http://www.actseighteen.com/articles/authority-abuse.htm.

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2 comments Jeudi, 1 mars 2007

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